LE PYOMÈTRE

Définition :

Le pyomètre est une infection de l’utérus qui se caractérise par une accumulation de liquide purulent dans l’utérus. Cette infection peut se produire avec un col utérin ouvert; il y aura alors présence d’écoulements vaginaux purulents ou avec un col utérin fermé, donc sans écoulement.

Les premiers signes apparaissent généralement 4 à 8 semaines après la fin des chaleurs chez la chienne et 1 à 4 semaines après les chaleurs chez la chatte. Cette pathologie se retrouve habituellement chez les chiennes de plus de 5 ans. Le risque est plus élevé chez la chienne qui a des chaleurs irrégulières ou après une gestation. On retrouve normalement la pyométrite uniquement chez les femelles non-stérilisées, car lors de l’hystéro-ovariectomie, l’utérus et les ovaires sont enlevés.

Signes cliniques :

Les signes peuvent être variables, mais les plus fréquents sont :

Chez la chienne :

  • anorexie ou baisse d’appétit;
  • polyurie ou polydypsie (urine et boit beaucoup);
  • dépression / léthargie;
  • écoulements vaginaux purulents et/ou sanguinolents nauséabonds, si le col utérin est ouvert.

On peut aussi retrouver une nycturie (urine la nuit), des vomissements et de la diarrhée, de la fièvre ou une distorsion abdominale.

Chez la chatte :

  • anorexie ou baisse d’appétit;
  • légère dépression;
  • distorsion abdominale;
  • poils souillés dans la région de la vulve, mais rarement d’écoulements abondants.

Si la condition n’est pas traitée rapidement, l’animal peut développer une déshydratation, une endotoxémie et une septicémie. Ces problèmes peuvent à leur tour entraîner un état de choc, des débalancements électrolytiques, des arythmies cardiaques, une dysfonction rénale et hépatique. Une péritonite avec ou sans rupture de l’utérus peut aussi se développer. Sans traitement, la mort s’en suivra.

Le diagnostic :

Un examen physique et l’anamnèse permettront souvent de poser un diagnostic temporaire. Toutefois, comme les signes cliniques peuvent varier beaucoup d’un animal à l’autre, des examens complémentaires sont parfois nécessaires.

Une radiographie abdominale permettra de confirmer le diagnostic dans le cas où le col utérin est fermé, si le pyomètre est assez avancé, tandis que la cytologie vaginale sera utile si le col est ouvert.

Dans les cas douteux, il est possible qu’une hématologie ou même une exploration chirurgicale abdominale soit nécessaire pour confirmer le diagnostic.

Une biochimie sanguine permettra d’évaluer les dommages possibles aux reins ainsi qu’au foie afin de préciser le pronostic.

Le traitement :

Le traitement consiste à effectuer l’ovario-hystérectomie (stérilisation) durant laquelle on enlève les ovaires et l’utérus : la chirurgie doit être effectuée le plus rapidement possible et sera conjuguée avec une antibiothérapie durant et après la chirurgie. Des analgésiques seront aussi administrés.

Une fluidothérapie intra-veineuse est fortement recommandée et même parfois nécessaire afin de maintenir la pression sanguine durant la chirurgie et ainsi assurer une bonne réhydratation de l’animal et favoriser une meilleure guérison.

Le pronostic :

Le pronostic est bon à excellent (90% de succès) si la condition est traitée dès le début avant que des complications se développent. S’il y a déjà présence de complications (choc, dysfonction rénale ou hépatique, rupture utérine, etc.) le pronostic sera de réservé à bon selon la condition de l’animal.

Prévention :

La stérilisation (hystéro-ovariectomie) chez les animaux qui ne sont pas ou plus destinés à la reproduction élimine le risque de pyomètre, puisque cette chirurgie consiste à enlever les ovaires et l’utérus. La stérilisation peut-être effectuée dès l’âge de 8 semaines et est recommandée avant l’apparition des premières chaleurs si l’animal n’est pas destiné à la reproduction. Elle peut aussi être effectuée à n’importe quel âge.

Dre Anne-Laure Castelli, mv

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